MINORITÉS DES BALKANS : DONNÉES
EMPIRIQUES
En
fonction de la localisation géographique des régions d'habitation
des personnes appartenant à une minorité nationale - le plus souvent
suite aux remaniements territoriaux effectués après les deux guerres
mondiales au 20e siècle - les minorités dans les pays balkaniques
peuvent être différenciées entre plusieurs types :
des minorités habitant des régions frontalières avec l'État
de leur " nation-mère " : les Albanais du Kosovo (République
Fédérale de Yougoslavie) et de Macédoine, les Hongrois de
Serbie, etc. ;
des minorités " enclavées " à l'intérieur
de leur État de résidence, voisin à l'État de la "
nation-mère " : les Hongrois en Roumanie, une partie des Turcs
de Bulgarie, etc. ;
des minorités dont l'État de résidence n'est pas limitrophe
avec l'État de la " nation-mère " : les Souabes en
Allemagne, les Allemands en Roumanie, etc.
des minorités " dispersées " qui ne sont liées
à aucun État-nation : les Roms.
1 - La Roumanie |  |
237 500 km² ; 22 800 000 habitants.
On a recensé
23 groupes minoritaires en Roumanie, représentant 10 % de la population,
dont le plus nombreux est celui des Hongrois, estimé à 1,5 - 2 millions
de personnes.
Les Hongrois habitent principalement en Transylvanie (autour de Turgu-Mures et
Cluj) - une région revendiquée historiquement tant par les Hongrois
que par les Roumains, devenue roumaine après la Première guerre
mondiale, ainsi que dans les villes de l'Ouest du pays. Deux lectures - roumaine
et hongroise, à la fois symétriques et incompatibles, existent en
ce qui concerne l'histoire de la Transylvanie, ce qui est souvent le cas dès
lors qu'il s'agit de régions peuplées de minorités de taille
importante.
Les Hongrois ont vu leurs droits limités par le régime
de Ceausescu (la politique de " systématisation " consistait
à raser la moitié des villages roumains et à reloger les
gens dans des " complexes agro-industriels "). Cette campagne visait
à éradiquer toute culture de la période pré-socialiste
et à créer un " nouveau citoyen socialiste roumain " ;
elle fut particulièrement mal ressentie par la minorité hongroise
qui craignait que cette politique n'ait pour objectif de la disperser, de l'assimiler
et d'anéantir la culture hongroise. Néanmoins, certaines tensions
au sujet de la situation de la minorité hongroise ont été
ressenties également après la chute du régime en 1989, tant
dans les relations bilatérales avec la Hongrie qu'à l'intérieur
de la Roumanie.
La communauté allemande, présente depuis des siècles sur
le territoire de l'actuelle Roumanie, compte environ 120 000 personnes mais
accuse une nette régression démographique due à une émigration
de masse en direction de l'Allemagne au cours des dernières années.
Les
chiffres relatifs au nombre des Roms/Tsiganes en Roumanie varient entre 300 000
et 2,5 millions. Ils constituent une population marginalisée, avec des
problèmes sociaux aigus : grande pauvreté, chômage, analphabétisme,
et représentent dans les mentalités roumaines la plus basse classe
sociale du pays. D'autres minorités également, en nombre moins important,
revendiquent des droits culturels : les Ukrainiens, les Bulgares, les Serbes,
les Turcs ; on retrouve aussi de petites communautés de Tatars, Russes,
Croates, Grecs, etc.
2 - La Bulgarie |  |
111 000 km² ; 8 300 000 habitants.
La Bulgarie comprend
une importante minorité turque - 800 000 personnes environ, de religion
musulmane - issue de la conquête ottomane à la fin du 14e siècle
qui a maintenu la Bulgarie à l'intérieur de l'Empire ottoman pendant
cinq siècles. Les Turcs bulgares sont concentrés dans les régions
montagneuses des Rhodopes orientales dans le Sud du pays, ainsi que dans certaines
régions du Nord-Est. Les tentatives d'assimilation forcée, surtout
entre 1984 et 1989, ont pris fin avec le début de la transition démocratique,
et à présent il existe peu de tensions au sujet de la situation
de la minorité turque dans le pays dont les représentants participent
très activement à la vie politique, mais des problèmes
d'ordre économique subsistent, qui touchent néanmoins la population
bulgare dans son ensemble.
Les Roms/Tsiganes, dont le nombre varie selon les différentes estimations
entre 300 et 600 000, habitent principalement dans les zones urbaines. Ils ne
constituent pas une minorité homogène : éparpillés
en plusieurs dizaines de groupes distincts, ne parlant pas la même langue,
de religion différente - la moitié d'entre eux sont chrétiens
orthodoxes, l'autre moitié - musulmans. Les problèmes qui se posent
par rapport à leur situation sont d'ordre social.
Les Pomaks, au nombre de 150-200 000, sont des Bulgares de langue bulgare et de
religion musulmane, descendants des Bulgares islamisés au cours de l'occupation
ottomane, qui constituent davantage un groupe religieux qu'une minorité
ethnique. Ils manifestent cependant davantage d'affinité avec les Turcs
qu'avec les Bulgares.
La Bulgarie abrite également des groupes minoritaires
moins nombreux : Arméniens, Gagaouzes, Aroumains. Une minorité macédonienne
existerait également dans le pays, mais, étant donné les
tenants et les aboutissants de la " question macédonienne ",
3 - L'Albanie |  |
28 750 km² ; 3,4 millions d'habitants.
Pendant les décennies
du régime stalinien d'Enver Hoxha, une image réductrice d'un pays
athée et monoethnique a été imposée, bien que des
minorités nationales soient bel et bien présentes, regroupées
principalement dans le Sud du pays.
Les Grecs, dont le nombre varie selon les sources entre 59 000 et 400 000, chrétiens
orthodoxes, résident dans la partie Sud de l'Albanie (qu'ils appellent
Epire du Nord), dans les régions de Gjirokastro et Saranda. L'existence
contestée par les autorités albanaises de cette minorité
grecque ainsi que son statut et sa possibilité de participer à la
vie politique ont longtemps constitué un sujet de discorde entre l'Albanie
et la Grèce, surtout dans le contexte des importants flux migratoires d'Albanais,
à plusieurs reprises depuis 1990, qui ont touché également
la Grèce.
D'autres groupes minoritaires sont également présents
en Albanie : les Valaques (35 000 environ), les Roms/Tsiganes, les Macédoniens,
les Italiens.
Les changements les plus importants dans la composition
démographique de la population au cours de la dernière décennie
sont incontestablement intervenus dans l'espace qui constituait jusqu'en 1991
la fédération yougoslave.
Les guerres meurtrières
qui ont eu lieu sur le territoire de l'ancienne Yougoslavie ont provoqué
de très importants mouvements de populations, volontaires ou forcés
- sous la contrainte des campagnes de purifications ethniques successives - qui
ont produit les flux de réfugiés et de personnes déplacées
les plus importants en Europe depuis la Seconde guerre mondiale. Il convient de
rappeler qu'une des raisons principales de la désintégration de
la Yougoslavie a été notamment la violation des droits des minorités
et des nations.
La République Socialiste Fédérative
de Yougoslavie (RSFY) - héritière du Royaume des Serbes, des Croates
et des Slovènes, devenu en 1929 le Royaume de Yougoslavie - était
une fédération pluriethnique où les nationalismes ont été
plus ou moins maîtrisés jusqu'à la mort de Tito en 1980. La
population de la RSFY (22 427 585 habitants en 1981) se répartissait de
la manière suivante, selon la conception officielle yougoslave :
six " nations " (narodi), chacune des six républiques fédérées
étant constituée d'une nation (de la population totale : 36,3 %
de Serbes, 20 % de Croates, 9 % de Musulmans reconnus comme nation depuis 1968
; 8 % de Slovènes, 6 % de Macédoniens et 2,6 % de Monténégrins)
;
plusieurs
" nationalités " (narodnosti) - 18 minorités ethniques
avec des droits linguistiques et culturels reconnus, dont les plus nombreuses
sont les Albanais (7,7 % de la population de la RSFY; 1,7 million de personnes)
et les Hongrois (427 000). Parmi les 18 minorités ethniques 10 sont reconnues
comme des " nationalités de Yougoslavie " : Albanais, Hongrois,
Bulgares (36 000, dans les régions frontalières de la Serbie), Tchèques,
Roms, Italiens, Roumains (55 000, dont 47 000 en Vojvodine), Ruthènes,
Slovaques et Turcs.
" autres nationalités et groupes ethniques " : Autrichiens, Grecs,
Juifs, Allemands, Polonais, Russes, Ukrainiens, Valaques, " Yougoslaves ".
Toutes
ces " nations ", " nationalités " et " groupes
ethniques " étaient répartis en proportions diverses sur l'ensemble
du territoire de la RSFY, dans les six républiques et les deux provinces
autonomes Kosovo et Vojvodine. Dans les États indépendants actuels
issus de la RSFY la composition de la population est considérablement modifiée
;
4 - La Slovénie |  |
20 000 km² ; 1 950 000 habitants.
La Slovénie, avec
la Croatie, était la république la plus développée
économiquement de l'ex-Yougoslavie ; sa population était la plus
homogène et celle-ci n'a pas accusé de profondes mutations depuis.
Etant épargnée par les guerres yougoslaves (à l'exception
des deux semaines d'accrochages au cours entre le 27 juin et le 7 juillet 1991),
la Slovénie poursuit une évolution stable, couronnée par
l'entrée dans l'union européenne le 1er mai 2004.
Les minorités
en Slovénie sont peu nombreuses : Croates et Serbes (estimés à
2 % de la population), Hongrois (9000 personnes), Italiens (2000 - 3000, implantés
en Istrie), ainsi qu'une minorité germanophone dont le nombre est difficile
à préciser, mais qui est vraisemblablement peu importante. L'homogénéité
ethnique de la population slovène ainsi que les mesures législatives
ont créé des conditions favorables pour éviter les tensions
interethniques en Slovénie, à l'exception de certaines revendications
italiennes en Istrie.
5 - La Croatie |  |
56 500 km² ; 4 500 000 habitants( en 1991, à peine plus
de 4 millions en 2002).
Avant la guerre de 1991, la population de la Croatie
comptait un nombre important de Serbes (12 %), habitant traditionnellement, depuis
le 14e siècle, les anciennes régions frontalières entre l'Empire
austro-hongrois et l'Empire ottoman - la Krajina (" les confins "),
ainsi que la région de la Slavonie occidentale et orientale. D'autres minorités
moins nombreuses vivaient sur le même territoire. Les importants flux de
réfugiés et de personnes déplacées (d'abord Croates,
ensuite Serbes) provoqués par la guerre en Croatie (juin 1991-janvier 1992)
et en Bosnie-Herzégovine (mars 1992-novembre 1995), ainsi que par les opérations
militaires croates qui ont repris en mai et août 1995 les territoires contrôlés
par la " Republika Srpska Krajina ", accompagnées de graves violations
des droits de l'homme et des minorités dans ces territoires, ont modifié
en profondeur la composition ethnique de la population de la Croatie. A présent
le nombre de la minorité serbe est estimé à environ 2 % de
la population( 2 selon le recensement de 2002), les Slovènes et les hongrois
sont moins de 1%.
La Croatie a été sérieusement
critiquée pendant des années par la communauté internationale
au sujet du traitement de ses minorités nationales de la part du gouvernement
et du Président Franjo Tudjman, qui menaient une politique nationaliste.
Depuis les changements politiques intervenus dans le pays en janvier 2000 avec
l'élection de Stjepan Mesic à la Présidence de la République
les perspectives ont changé et une loi constitutionnelle sur les minorités
a été publiée le13 décembre 2002.
6 - La Bosnie-Herzégovine |  |
51 000 km² ; 3,5 millions d'habitants.
Avant 1991, la Bosnie-Herzégovine
représentait un " modèle réduit " de la fédération
yougoslave du point de vue de la composition ethnique de sa population : 44 %
de Musulmans, 33 % de Serbes et 17 % de Croates. Il est à noter que les
différences entre ces trois groupes sont davantage liées à
la religion qu'à l'origine ethnique : les " Musulmans " sont
des bosniaques qui professent l'islam, promus au rang de nation par Tito ; les
Serbes sont chrétiens orthodoxes et les Croates catholiques, mais les trois
groupes ont des origines communes et parlent la même langue, qu'ils s'efforcent
pourtant à différencier en trois langues distinctes depuis la dissolution
de la RSFY.
Après la déclaration de l'indépendance
de mars 1992, la Bosnie-Herzégovine devint le théâtre d'une
guerre sanglante que la communauté internationale s'avéra impuissante
à stopper. Des campagnes de purification ethnique avec leurs convois de
réfugiés se succédèrent suite aux violents combats,
avec maints retournements d'alliances entre les parties, jusqu'à la signature,
sous pression américaine, des Accords de Dayton en novembre 1995, ce qui
mit fin à la guerre mais s'avéra un compromis boiteux.
A
présent la République de Bosnie-Herzégovine, à structure
très complexe, composée de deux entités selon le principe
ethnique - la Fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika
Srpska, a davantage les caractéristiques d'un protectorat international
que celles d'un État à part entière. Les délimitations
territoriales ethniques sont nettes, peu de réfugiés osent revenir
dans leur foyer d'origine s'ils se trouvent dans une région où leur
communauté n'est pas majoritaire, et, malgré certaines améliorations,
les perspectives de cohabitation entre les trois groupes ne se présentent
pas sous les meilleurs auspices.
7 - La Macédoine |  |
26 000 km² ; 2 millions d'habitants.
Le territoire macédonien
- en tant qu'appellation d'une région géographique - fut longtemps
une pomme de discorde dans les Balkans. En 2001 la Macédoine[3] - le seul
État issu de l'ancienne Yougoslavie ayant accédé à
l'indépendance sans effusion de sang - a été aussi en proie
à une crise interne à caractère interethnique.
Après
son indépendance en 1991, la Macédoine a eu trois défis majeurs
à relever : la reconnaissance internationale (freinée par la Grèce),
la survie économique et sa stabilité politique interne (en raison
du nombre considérable de Macédoniens appartenant à des minorités
ethniques, dont la plus importante - la minorité albanaise).
Selon
le recensement qui a eu lieu en 1994 sous contrôle international, financé
par l'Union européenne et le Conseil de l'Europe, en Macédoine vivent
66,6 % de Macédoniens slaves ; 22,7 % d'Albanais ; 4 % de Turcs ; 2 % de
Serbes ; 2 % de Rom. Les Albanais considèrent cependant que leur nombre
est supérieur de 10 à 20 %. En raison de cette importance numérique
et malgré leur participation au gouvernement du pays, les Albanais n'acceptent
pas le statut de minorité nationale - selon eux infériorisant -
qui leur est conféré par la Constitution macédonienne de
novembre 1991.
La trame de fond du problème réside dans ce
qu'il est convenu d'appeler " la question albanaise " : la thèse
selon laquelle la nation albanaise est morcelée suite à une injustice
historique subie lors du tracé des frontières de l'Albanie, et qu'elle
devrait retrouver son unité.
La crise interethnique en Macédoine
provoquée par la révolte armée albanaise a duré de
mars à août 2001 ; le conflit armé a été résolu
grâce à l'intervention internationale (l'opération "
Moisson essentielle " de l'OTAN), mais, malgré l'Accord-cadre conclu
et récemment ratifié par le Parlement macédonien, l'équilibre
est encore bien fragile. [4]
8 - La République Fédérale de Yougoslavie
(RFY) |  |
La RFY a été créée en avril 1992 comme
une fédération entre la Serbie et le Monténégro, et
gouvernée jusqu'en septembre 2000 par Slobodan Milosevic, avant les changements
démocratiques intervenus avec l'élection de Vojislav Kostunica à
la Présidence fédérale et la victoire de l'opposition démocratique
serbe (DOS) aux élections législatives de décembre 2000[5].
Son appellation a changé en vertu d'un accord constitutionnel du 13
mars 2002, conclu sous la pression de l'union européenne, appliqué
à compter du 2 février 2003, pour devenir " l'état commun
de Serbie-Montenegro ", dissous à la suite du référendum
du Monténégro, le 21 mai 2006, dont l'indépendance a été
proclamée le 3 juin 2006, ce qui a eu pour effet la proclamation de l'indépendance
de la Serbie le 5 juin 2003. La Yougoslavie est officiellement morte, même
comme appellation.
Cette fédération existant entre 1992
et 2006 comptait 102 200 km² ; 10 600 000 habitants.
Serbie : 10 millions d'habitants, si l'on inclut le Kosovo, ce qui devient
problématique au fur et à mesure que les négociations finales
sur le statut futur du Kosovo, ouvertes en novembre 2005, se déroulent,
suggérant l'idée d'une souveraineté progressive d'un Kosovo,
dont la grande majorité des 2 millions d'habitants sont et seront albanais,
ce qui risque de renvoyer les autres au statut de " minorité "dont
66 % de Serbes, 17 % d'Albanais (au Kosovo et dans le Sud de la Serbie) et 4 %
de Hongrois (en Vojvodine) ;
Monténégro : 600 000 d'habitants, dont 62 % de Monténégrins,
9 % de Serbes et 7 % d'Albanais.
La nécessité de démocratisation
mise à part, la situation des minorités a constitué un autre
problème sérieux à résoudre, notamment au Kosovo qui
comptait près de 90 % d'Albanais. Le statut de protectorat international
institué suite à l'intervention militaire de l'OTAN de mars à
juin 1999 a permis de pacifier plus ou moins cette région, bien que
les discriminations et les expulsions massives dont les Albanais ont été
victimes pendant longtemps aient été remplacées par des actes
identiques à l'encontre des Serbes et des Roms du Kosovo. Les élections
récentes en novembre 2001 qui ont élu les membres d'une assemblée
législative avec, pour la première fois, la participation du peu
de Serbes restés dans la province, laissent néanmoins un certain
espoir, bien que la communauté internationale manque pour l'instant de
conception claire et réaliste quant à l'avenir politique du Kosovo
- État indépendant ou autonomie au sein de la RFY ?
La Vojvodine,
où sont concentrés la majeure partie des Hongrois de RFY (plus de
400 000, ce qui représente 19 % de la population de la région, 55
% étant des Serbes et 5,5 % des Croates) est pour l'instant épargnée
de conflits interethniques ouverts - en raison, entre autres, de la culture
politique différente - bien que certaines tensions existent.
La situation
dans le Sandjak de Novi Pazar - une région pauvre, peuplée majoritairement
de Musulmans, à cheval entre la Serbie et le Monténégro -
pourrait à plus ou moins long terme susciter également des préoccupations.
La
tendance, surtout dans les Balkans occidentaux, est à la création
d'États ethniques homogènes, rendant irréversibles les déplacements
massifs de populations qui se sont produits au cours de la dernière décennie.
A part la contradiction, au moins apparente, de cette tendance avec la marche
à l'unification supranationale de l'Europe de l'Ouest, elle présage
un avenir peu optimiste pour les réalités multiculturelles dans
les Balkans.
Joseph Krulic
novembre 2006