LES MAPUCHES DU CHILI
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Les gouvernements démocratiques qui
ont suivi la dictature de M. Augusto Pinochet ont
paradoxalement utilisé son héritage
militaro -judiciaire à l'encontre de leurs
minorités. La constitution chilienne ne reconnaît
pas le visage pluriethnique de ce pays, qui reste
l'un des rares du continent à ne pas avoir
ratifié le traité international sur
les droits des peuples indigènes, la convention
169 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT).
Les minorités autochtones encore
présentent au Chili
Les Mapuches, qui sont-ils ?
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Le peuple mapuche est le peuple originaire du Chili central,
il constitue 10 % environ de la population actuelle du Chili.
C'est le seul peuple originaire d'Amérique latine
qui, dit-on, n'a pas été vaincu par la colonisation
espagnole, obligeant celle-ci à signer avec ses autorités
traditionnelles des traités reconnaissant comme territoires
autonomes mapuches, les terres s'étendant, du sud
du fleuve Bio Bio jusqu'à l'île de Chiloé.
Mais en 1810 l'indépendance du Chili déclenche
un formidable génocide qui fait passer la population
mapuche de 1 800 000 à 360 000 personnes en 20 ans
. Malgré une résistance farouche, les Mapuches
capitulent en 1883. Selon les titres de propriété
qui leur sont remis - les titulos de merced -, leur territoire
est réduit à 500 000 hectares (ils en possédaient
auparavant 10 millions). Parallèlement, le pouvoir
de Santiago, dont la devise devient (et reste) " Par
la raison ou par la force ", envoie de plus en plus
de colons.
Les Mapuches sont alors enfermés dans des réserves
et "pacifiés", leurs terres spoliées,
leur culture niée, leurs traditions et leur langue
interdites.
En 1973, le coup d'état militaire du général
Pinochet frappe, de nouveau, durement les Mapuches. Un grand
nombre d'entre eux migrent alors vers les " ceintures
de misère " des villes, Temuco, Concepcion,
mais surtout Santiago. Aujourd'hui, la majorité des
Mapuches sont urbains.
En 1989, la transition démocratique n'apporte aucune
amélioration spécifique à la condition
de vie des Mapuches. Les multinationales et les riches latifundistes
chiliens, qui ont récupéré des milliers
d'hectares sous Pinochet, continuent d'exploiter ces terres
spoliées et de menacer les Mapuches dans leurs vies
et dans leurs traditions.
En 1992, les premiers soulèvements Mapuches ont
lieu sans que les gouvernements successifs n'apportent d'autre
réponse que la répression.
Pendant ce temps, l'activité forestière galope
et les terres Mapuches sont contrôlées à
60% par deux familles. La riche forêt traditionnelle
chantée par le poète Pablo Neruda, dans son
Chant Général (Neruda est originaire de cette
région), fait place à la monotonie des plantations
intensives de pins et d'eucalyptus destinées à
la fabrication de cellulose exportée, notamment vers
le Japon. Ces plantations occupent actuellement 2,1 millions
d'hectares et les prévisions pour 2006 sont de l'ordre
de 2,6 millions d'hectares .
Aujourd'hui les militants Mapuche luttent donc avec d'autres
chiliens contre la déforestation, les mégas
projets de centrales hydroélectriques, la contamination
de leurs sols par des décharges sauvages, les discriminations
économiques, sociales et raciales dont ils sont l'objet,
au quotidien.
La présidence de Ricardo LAGOS (jusqu'en mars prochain)
et l'arrivée des politiques mondiales du "tout
sécuritaire" de l'après 11 septembre,
relèguent, aujourd'hui, les indiens Mapuches au rang
de terroristes. À ce titre, ils sont plus de deux
cent chefs de communautés, autorités traditionnelles,
mères de familles, étudiants, simple paysans,
incarcérés, inculpés, torturés,
ou assassinés, comme ce fut le cas d'ALEX LEMUN SAAVEDRA
en novembre 2002.
Lors de sa future intronisation comme présidente,
Madame Michelle BACHELET trouvera sur son bureau le dossier
non réglé des Mapuches.
Jean Pénichon
Les minorités autochtones encore
présentent au Chili. |
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Huit peuples autonomes sont encore présents sur
le territoire chilien. Au nord, à cheval sur les
frontières du Pérou et de la Bolivie, vivent
les AYMARA et les QUECHUA. Légèrement plus
au sud demeurent les ATACAMEÑO. Plus bas sont disséminés
les COLLA. Les RAPA NUI, habitent sur l'île de Pâques.
Les MAPUCHES eux fréquentaient le centre du pays
jusqu'à l'île de Chiloé. Enfin le long
de la frange océanique sud-ouest, on trouve les KAWASKAR
et les YAGAN. qui peuplent l'extrême pointe de la
" terre de feu ".
Source : www.serindigena.org
Les Mapuches, qui sont-ils ? |
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Le mot Mapuche vient de Hommes (Che) et terre (Mapu).
Établis au Chili depuis le 13ème siècle,
les Mapuches sont aujourd'hui près d'un million,
établis entre les villes de Constitution et Temuco.
Les conquistadors les avaient appelés les Araucans.
Ceux qui s'établirent au sud de la rivière
prirent le nom de Huilliche (Hommes du sud); d'autres étendirent
leur territoire vers la cordillère (et donc l'Argentine
- il y a aujourd'hui environ 300 000 Mapuche vivant en Argentine)
et se nommèrent Pehuenche ou Puelche ou Poya.
D'autres encore, les Junco, gagnèrent le littoral.
Entre ces différents peuples issus d'une même
souche, les variations culturelles et linguistiques ne furent
pas significatives.
Aujourd'hui, on ne distingue plus que les Mapuche au nord,
localisés entre les rivières Bio-Bio et Impérial
(villes de Conceptión et Temuco) et les Huilliche
au sud de la rivière Toltén jusqu'au canal
de Chacao qui sépare l'île de Chiloé
du continent. La langue des Mapuche est le mapudungu, mais
tous parlent l'espagnol.
Une nouvelle législation se met en place depuis quelques
années pour les droits des indigènes en créant
notamment des " zones de développement indigènes
". Ces territoires redéfinis n'ont pas encore
de statut particulier et sont toujours le lieu de graves
conflits, comme la zone du haut Bio-Bio où se construit
le plus grand complexe hydroélectrique du Chili,
qui entraînera inondations et déplacements
de population.
Cependant cette nouvelle législation constitue un
nouveau point de départ en faisant de ces zones de
développement un lieu privilégié pour
les droits territoriaux, l'autodétermination et l'autonomie.
Source : I.C.R.A International