LES KARAÏMES EN LITUANIE

De Babylone à l'Europe orientale
Dans la tourmente de l'histoire contemporaine
Les Karaïmes épargnés par la Choah
La langue : un trésor identitaire
Depuis l'indépendance de la Lituanie

Il me semble qu'un préambule s'impose : si le karaïsme suscite généralement de nombreuses interrogations pour un public peu informé, il n'en suscite pas moins dès que, voulant en savoir davantage, on se plonge dans les ouvrages concernant ce sujet. En effet peu de religions ont suscité des interprétations de leur origine aussi différentes selon qu'il s'agit de textes écrits par des auteurs karaïmes , juifs ou islamiques, et selon les époques. Il en va de même pour l'histoire des Karaïmes1 au cours des siècles De plus une grande partie des sources d'une telle étude sont soit non publiées, soit non découvertes, soit non exploitées et non cataloguées et, de toutes façons largement partisanes.
Ayant eu l'occasion d'assister au renouveau du karaïsme en Lituanie, depuis les années de la Perestroika, il m'a semblé intéressant d'en comprendre la genèse et les manifestations, en osant dépasser les contradictions et les interrogations auxquelles je me suis trouvée confrontée.

De Babylone à l'Europe orientale début

Le karaïsme serait apparu, en tant que tel, au VIIIème siècle de notre ère, à Babylone, en réaction à un judaïsme rabbinique que les interprétations du Talmud, devenues dominantes, avaient éloigné des textes bibliques, et en opposition à une aristocratie de prêtres sans plus guère de relation véritable avec le peuple. Il s'agit donc d'une religion – ou même une ethno-religion -basée sur l'Ancien Testament, sur le rejet de la tradition post-biblique (c'est-à-dire le Talmud et l'enseignement rabbinique tardif) et sur l'absolue nécesssité de l'étude des textes et de leur critique personnelle.

C'est surtout dans la pratique que le karaïsme s'écarte, par définition, de la coutume rabbinique. Les lieux de culte sont appelés Kenesa2 et les officiants Hakham

Certains auteurs ont souligné l'origine plus ancienne de ces schismatiques, qui pourraient se réclamer des Esseniens, déjà présents à Jérusalem avant la destruction du Temple par les Romains. Cette théorie, particulièrement soutenue par Simon Szyszman3 , a été réactualisée après la découverte des manuscrits de Qûmran en 1947. On a en effet constaté une analogie entre les écrits des anachorètes de la Mer Morte et les textes karaïmes. Mais il s'agit là d'une question contestée et trop complexe pour être abordée ici.

Toutes les sources s'accordent pour reconnaître en Anan Ben David le premier théoricien du karaïsme. Il vécut en Mésopotamie, au VIIIe siècle, et rédigea le texte fondateur, le plus ancien document karaïme4, Le Livre des Préceptes, en langue araméenne, ultérieurement traduit en hébreu et en arabe. Ainsi aurait été suscitée l'unification de plusieurs sectes dissidentes du judaïsme. Recommandant le retour exclusif au texte écrit de la Torah, Anan Ben David prônait également l'observation des Dix commandements.

Ses successeurs se transportèrent à Jérusalem d'où ils menèrent une activité missionnaire intense auprès des peuples du Bassin Méditerranéen (Syrie, Egypte, Afrique du Nord, Espagne), des peuples de la Mer Noire et de la Mer Caspienne, notamment chez les Khazars établis en Crimée.

Appartenant à la branche turque du groupe altaïque, les Khazars étaient alors à leur apogée politique et territoriale et leur souverain s'était converti au monothéïsme biblique au VIIIe siècle. De là à penser qu'il s'agissait du karaïsme et non du judaïsme, c'est un pas que certains auteurs karaïmes n'ont pas hésité à franchir. L'origine khazare des Karaïmes de Lituanie et de Crimée, est un fait hautement revendiqué par de nombreux auteurs comme Abraham Firkovich, Simon Szyszman ou A. Zajaczkowski (lequel s'appuie sur des arguments linguistiques). On comprend aisément tout l'enjeu du débat sur cette question.

Pour les communautés du Moyen-Orient, cette époque est unanimement qualifiée d'âge d'or du karaïsme, malgré des conflits entre juifs rabbiniques et karaïmes, le centre restant Jérusalem où est fondée une académie karaïme. Mais avec l'arrivée des croisés, les Karaïmes quittent Jérusalem et se déplacent vers le Caire et surtout vers Byzance et les Balkans. Après la conquête de Byzance par les Turcs et l'expulsion des Juifs d'Espagne et du Portugal, les communautés karaïmes suivent le même exode et vont enrichir les communautés existantes notamment en Crimée qui devient un centre important avec sa capitale Cufut-Kalé. Les Karaïmes y jouissent d'une organisation politique autonome tout en reconnaissant la souveraineté mongole qui s'exerce alors sur l'ancien territoire des Khazars puis sur le Khanat de Crimée.

C'est à la fin du XIVe siècle que se situe le transfert de prisonniers, tatars pour la plupart, par le vainqueur de la Horde d'Or, le Grand Duc Vytautas de Lituanie, et parmi ces prisonniers se trouvent un certain nombre de Karaïmes. S'agit-t-il d'une réalité historique ou d'une construction de l'historiographie karaïme et lituanienne ? Certains auteurs se demandent si n'existaient pas déjà des communautés isolées provenant de migrations successives ? Toujours est-il que Vytautas le Grand accorde un statut définitif à cette population5 et l'établit notamment dans sa capitale, Trakaï.

Devant les menaces extérieures répétées de la Horde d'Or et des Chevaliers Teutoniques, ajoutées aux risques de trahisons intérieures, Vytautas le Grand se dote d'un dispositif de défense. L'élément le plus puissant est un château fort sur l'île du lac de Trakai, construit de 1397 à 1403. Pour se constituer une garnison fiable et fidèle, il choisit des Karaïmes qu'il avait appris à connaître et à apprécier lors de ses précédentes expéditions en Europe Orientale et en Crimée. De leur côté, les Karaïmes sont vraisemblablement attirés par un Etat fort et un souverain renommé et glorieux.

Par ailleurs Vytautas installe d'autres Karaïmes au Nord de la Lituanie tout au long de la frontière qui sépare le Grand Duché des possessions des Chevaliers Teutoniques, là où sont implantées des forteresses. De plus il existe alors dans l'armée lituanienne un régiment karaïme ainsi qu'un détachement karaïme au service de la famille Radziwill, puissante famille polono-lituanienne. Enfin les Karaïmes participent à une sorte de service de gendarmerie dans tout le pays.

En échange les militaires karaïmes reçoivent des terres ce qui leur permet dans certains cas de prétendre à des titres de noblesse. Parallèlement se développe une bourgeoisie karaïme qui se consacre au commerce et au fermage des douanes. Cette communauté jouit d'un statut exceptionnel, proche de celui de la noblesse et qui s'apparente aux privilèges accordés aux villes par la charte de Magdebourg. La position privilégiée des Karaïmes est renforcée par le rôle d'interface qu'ils jouent alors dans la région dont ils connaissent les différentes langues. En outre ils peuvent communiquer avec le monde musulman et servent d'intermédiaire pour le rachat des prisonniers par exemple. Ils entretiennent d'excellentes relations avec les communautés karaïmes de Crimée tout en jouissant d'une parfaite intégration locale.

Après la Réforme, l'intérêt qu'ils suscitent se renforce. C'est ainsi que le roi de Suède, Charles XI, suscite la mission d'un professeur de l'Université d'Upsala (Gustav Peringer), qui, en 1690, se rend par Riga en Lituanie. Son Epistola de Karaitis Lithuaniae est une mine de renseignements sur la langue notamment. Il insiste sur la distinction entre Juifs et Karaïmes de Lituanie . Selon Peringer, ces derniers parlent alors turc et utilisent cette langue pour leur liturgie.

Mais après cette époque d'épanouissement, ces territoires sont le siège de guerres, d'invasions, d'épidémies, de famines qui affaiblissent la position des Karaïmes. C'est d'ailleurs à cette époque, en réaction, qu'est rédigé par Isaac de Troki6, un pamphlet contre la chrétienté, " Le rempart de la foi ", qui attire l'attention bienveillante de Voltaire.

Après le troisième partage de la Pologne en 1795, la majeure partie de la population karaïme d'Europe se retrouve dans l'Empire russe, à l'exception d'un petit nombre, en Galicie, qui est depuis 1772 dans l'Empire d'Autriche7.

Dans la tourmente de l'histoire contemporaine début

La domination russe s'annonçait sous de bons auspices : en 1794 une délégation de 6 nobles karaïmes auprès de Catherine II obtient une reconnaissance particulière dont ne bénéficiaient pas les Juifs desquels ils sont désormais bien distincts8.Ils furent d'ailleurs exemptés de conscription militaire en 1827 et furent reconnus comme nationalité au sein de l'Empire en 1863. Les Karaïmes de Crimée deviennent alors le groupe le plus important de l'Empire. C'est là, à Cufut-Kalé et à Eupatoria que se développent quelques imprimeries karaïmes, phénomène nouveau, contrairement aux Juifs qui avaient largement profité de la diffusion permise par l'imprimerie dès le début de celle-ci.

Dès le début du XIXe siècle, on assiste à une migration progressive vers les grandes villes de l'Empire où l' intégration des Karaïmes et leur situation économique favorable les amène à une dilution progressive de leur héritage culturel et de leur structure séculaire. Leur identité s'affadit alors même que leur nombre croît, car des Karaïmes d'autres communautés sont attirées par ces conditions économiques.

La Première guerre mondiale marque le début d'épreuves auxquelles les Karaïmes d'Europe ne peuvent résister. Dans les communautés passées sous régime soviétique, la politique anti-religieuse entraîne la fermeture de lieux de culte et la perte de bibliothèques inestimables. Quant aux communautés de Pologne – dont celles de Vilnius et Trakaï, villes devenues polonaises dans l'entre-deux-guerres, elles s'enferment dans un particularisme local dépourvu du courant d'échanges qui les caractérisait avant guerre.

Au cours des années Trente, une étude contribue au devenir des Karaïmes face à la barbarie nazie menaçante en Europe. En 1934 le Comité italien pour l'étude des problèmes de populations - dirigé par Corrado Gini - envoie une mission en Pologne et en Lituanie auprès des communautés karaïmes. Par rapport à la population juive traditionnelle, ils notent des conditions de vie plus confortables, et surtout la tradition d'agriculture et d'horticulture très spécifique. Leur rapport expose les relations des Karaïmes avec les autres communautés : les notables karaïmes insistent sur leurs bonnes relations avec la population locale et notamment les Tatars (peuple d'origine turque également) mais sur l'absence de relations avec la population juive. De leur côté les enquêteurs relèvent une attitude antisémite de la population karaïme, ce qui correspond à une tendance avérée des Karaïmes de la zone de se démarquer des Juifs depuis la fin du XVIIIe siècle en se fondant le plus possible à la population locale. D'ailleurs rien dans leur costume quotidien, si ce n'est parfois un couvre-chef particulier de type turc, ne les distingue, dans la rue, du reste de la population.

Les Karaïmes épargnés par la Choah début

Cependant, avec la montée du nazisme, la question de leur appartenance au judaïsme se pose avec une acuité cruciale. Dès 1938 une décision du Bureau du Reich allemand pour les recherches sur la race, à Berlin, décrète que la "secte des Karaïtes" ne doit pas être considérée comme une communauté juive.

Cependant la discussion se poursuit, impliquant des spécialistes d'anatomie, de paléontologie, de droit, de philologie. Selon les uns il s'agit de turco-tatars convertis au judaïsme, donc "racialement" non juifs, pour d'autres il s'agit d'un groupe ethnique mal défini mais "impur" selon l'acception nazie. (Ceci est largement exposé par S. Szyszman et R. Freund9.). Finalement c'est aussi dans les ghettos que se joue le sort des Karaïtes de Lituanie et de Pologne. Des scientifiques et érudits juifs y sont contraints à traduire de l'hébreu des textes concernant les Karaïmes. Ils rendent une opinion distinguant les Karaïmes des Juifs, dans un but de sauvetage bien évident.

Finalement les nazis, s'appuyant notamment sur le rapport de Gini et s'attachant également au stéréotype du karaïme militaire et agriculteur, ne tranchent pas en défaveur des Karaïmes.

Il est certain en tous cas que leur bonne intégration à la population locale a contribué à ce sort favorable.
Après la Deuxième guerre mondiale, la Lituanie, incorporée à l'URSS, et la Pologne entrent dans l'orbite soviétique. Des 5 lieux de culte existant avant guerre sur ces territoires – Trakaï, Vilnius, Panevezys en Lituanie ainsi que Lutzk et Halicz en Galicie – un seul a subsisté, celui de Trakaï, les autres ayant été affectés à d'autres usages.

La langue : un trésor identitaire début

Si les premiers textes furent écrits en araméen (le Codex d'Anan), puis en hébreu, on trouve ultérieurement des textes écrits en langue karaïte mais en caractères arabes et ce jusqu'au XVe siècle. Par la suite, en Crimée et en Lituanie, les auteurs ont utilisé surtout le karaïme, langue turque (du groupe des langues altaïques), appartenant au sous-groupe du Kipchak comme le Tatar.

Au XIXe siècle un érudit de Crimée tenta de synthétiser les connaissances de l'époque sur les Karaïmes. Il s'agit d'Abraham Firkovich (1785-1874) qui, à la demande du gouverneur de la Nouvelle Russie, Mihaïl Vorontsov, partit de Crimée pour la Syrie, la Palestine, l'Egypte et Jérusalem et rassembla un fond de manuscrits en différentes langues, réalisa des "interviews", des rapports ; en bref Firkovich effectua un travail de collecteur. Cet ensemble est actuellement déposé à la Bibliothèque d'Etat (précédemment appelée Saltikov-Chtchédrine) à Saint-Pétersbourg.

Actuellement, transcrite en caractères latins, cette langue, utilisée dans la liturgie, est encore parlée par quelques anciens ou par des intellectuels karaïtes. On note un regain d'intérêt chez de jeunes militants de la langue et de l'identité. Les emprunts lexicaux à l'hébreu à l'arabe et au persan, relevés par certains auteurs, ne sont pas même mentionnés par certains karaïmes qui insistent au contraire sur l'archaïsme de cette langue turque conservée en l'état.

Entourée de langues différentes – lituanien, russe, biélo-russe, polonais yiddish, allemand- , la langue karaïme s'et conservée, "comme une mouche incluse dans l'ambre" , selon la métaphore du linguiste polonais T. Kowalski10.

Depuis l'indépendance de la Lituanie début

Depuis la perestroïka et le retour à l'indépendance de la Lituanie on constate, comme pour d'autres minorités, une renaissance des manifestations d'existence et d'identité. L'année 1988 voit la reconstitution d'une association culturelle karaïme, 1990, l'organisation d'une école du dimanche. En 1992, on rend solennellement la kenesa de Vilnius au culte, après que la communauté ait récupéré le bâtiment précédemment nationalisé et occupé par plusieurs familles pendant la période soviétique.

En 1997 des célébrations importantes eurent lieu pour commémorer les 6 siècles de présence, sur le territoire lituanien, de deux communautés apparentées : les Tatars et les Karaïmes.

À cette occasion de nombreuses manifestations furent organisées. En ce qui concerne les Karaïmes, un ouvrage de référence11 fut publié, résultat des recherches de la responsable des Minorités au sein du premier gouvernement de la Lituanie indépendante en 1991, Halina Kobeckaite Une étude ethno-statistique importante fut menée par le Département de la Statistique de Lituanie dont on peut extraire le chiffre global de 257 Karaïtes dont 16 enfants en Lituanie en 199712.

Parmi les nombreux signes marquant la place donnée à cette petite communauté, on peut relever une exposition à la Bibliothèque nationale, une conférence internationale à l'Académie des Sciences, l'émission d'un timbre et d'une pièce commémorative de 50 litas, une soirée de théâtre en présence de Vytautas Landsbergis, Président du Parlement et d'Algirdas Brazauskas, président de la République, et bien entendu une célébration dans la kénésa de Trakai, haut lieu de la spiritualité karaïme.
On l'aura compris, une place particulière est réservée au karaïsme et aux Karaïtes en Lituanie. Cette communauté est une minorité historique qui a partagé l'histoire du pays à travers ses vicissitudes et dont la seule évocation, au temps du soviétisme, rappelait le grand Duc Vytautas le Grand et l'indépendance de la Lituanie.

Suzanne Pourchier-Plasseraud

Notes

1 On utilise actuellement le nom et l'adjectif "karaïme" au lieu de "karaïte" comme ce fut longtemps le cas et les Karaïmes de Lituanie tiennent particulièrement à cette orthographe.
2 Sur l'origine de ce mot, les avis sont différents : selon les auteurs karaïmes, il s'agit d'une origine arabe (kanisa), pour les auteurs juifs ce mot est rattaché à "Knesset". Tout est dit !
3 cf référence bibliographique en fin de texte.”
4 On utilise actuellement le nom et l'adjectif "karaïme" au lieu de "karaïte" comme ce fut longtemps le cas, et les Karaïmes de Lituanie tiennent particulièrement à cette ortographe.
5 Au total environ 300 familles vinrent en Lituanie.
6 Trochi est le nom polonais de Trakaï.
7
Qui leur concédera un statut particulier en 1775.
8 Cette distinction des Karaïmes et des Juifs n'était pas marquée de la même façon pour les communautés du Moyen-Orient.
9 cf. bibliographie ci-dessous.
10 cf. bibliographie ci-dessous.
11 Kobeckaité, Halina. Lietuvos Karaimai. Vilnius : Baltos lankos, 1997.
12 peut rapprocher ce chiffre de ceux des années précédentes : 1959, 423 ; 1970, 388 ; 1979, 352 ; 1989, 289, encore que pour la période soviétique les statistiques soient unanimement considérées comme peu fiables.

Références bibliographiques des notes du texte

Firkovicius, Mykolas. Mien Karajce Ürianiam. Vilnius : Danielus. 1996 avec un chapitre introductif en anglais "On the karaim language and its usage ".
Freund, Roman. Karaites and dejudaisation. A historical review of an endogenous and exogenous paradigm. Acta Universalis Stockholmiensis. Stockholm studies in comparative religion. Stockholm : Almquvist &Wiksell Internationall. 1991
Kowalski, Tadeusz. Karaimische Texte im Dialekt von Troki. Cracovie. MK, 1929
Kobeckaité, Halina. Lietuvos Karaimai. Vilnius : Baltos Lankos, 1997
Szyszman, Simon. Le karaïsme, ses doctrines et son histoire. L'Âge d'homme, 1980.
Trevisan-Semi,Emanuela, Les caraïtes, un autre judaïsme. Albin Michel, 1992.
Zajaczkowski, Ananias. Karaism in Poland. Varsovie, 1961.

Texte paru dans "Diasporiques" n° 24. Décembre 2002

 
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